Une inscription sur un coup de tête pour certains, un défi à la con pour d’autres, une question de fierté pour moi (s’ils en sont capables pourquoi pas moi 😉)

ultra viking logo

Allan, Kévin, Julien et moi sommes inscrits pour une des plus grandes courses à obstacles d’Europe ! L’ULTRA VIKING ! Tellement de demandes que les inscriptions pour les vagues Ultra se remplissent en seulement quelques jours, un an avant la course (2 vagues de 300 coureurs).   Une course plutôt effrayante pour moi :

A côté de chez nous dans le sud-ouest ? Non ce serait trop simple ! Destination Cologne en Allemagne pour mes 3 camarades et moi-même. Finalement Mikael Vattier de la team « Bisons » se joint à nous pour le logement. 1 an c’est long, ça laisse entrevoir pas mal de choses que ce soit sur le plan physique ou sportif, on se dit que d’ici là, on sera prêts. Les courses s’enchaînent et ne se ressemblent pas, trails, spartan race, trifecta, ultra beast, 6000D, etc. Des petites blessures qui sèment le doute mais qui finissent par se résorber pour solidifier l’ensemble ! Une semaine avant le jour fatidique, Allan nous annonce qu’il renonce à sa participation, ne se sentant alors pas prêt à affronter une nouvelle longue distance. Un coup dur pour l’équipe et surtout pour moi… Le jour du grand départ : valise prête depuis plus d’une semaine, je me réveille 2 heures en avance pour prendre le bus jusqu’à l’aéroport. Malheur ! J’ai oublié mon portefeuille, demi-tour en courant histoire de se mettre en jambes et d’avoir un petit coup de pression ! J’arrive à l’aéroport 45 minutes avant le départ de l’avion, ouf ! En Allemagne, je retrouve mes deux camarades Kévin et Julien, une embrouille monstrueuse pour récupérer la voiture de location pour une histoire de carte de crédit/débit ! Mamma mia, ce bordel. Direction le logement, une petite auberge/brasserie bien sympathique, nous rejoignons Mikael dans un restaurant local puis Alexandre sur le village Strong Viking pour un repérage des lieux. Nuit agitée, comme d’hab je raconte ma vie en dormant en voulant refourguer de la cam à tout le monde 😂🙈 (désolé les gars…).

groupe ultra viking

Au matin, après un copieux petit déj’, nous croisons notre ami Fabien avant de se diriger vers la récupération des dossards. Le temps est frisquet, ça change du Sud-Ouest ! Échauffement nécessaire pour les organismes et nous voilà sur la ligne de départ de la deuxième vague Ultra, à genoux, à réciter les règles Viking qui devront être respectées durant la course. Première ligne avec les grands ça ne rigole plus ! (Juste à côté d’un allemand qui a terminé 5ème à l’Ultra d’Andorre). Top, c’est parti, départ en première position afin de faire le malin sur les photos, rapidement rattrapé après le premier obstacle où je laisse ma virilité au bout d’une corde 😂 Début de course vraiment agréable, les kilomètres s’enchaînent et les obstacles se passent avec aisance, je me place plutôt bien avec Julien qui finit par me rattraper et prendre les devants. Originalité des obstacles par rapport à ce que nous connaissons en France mais le froid, après le passage dans l’eau, se fait ressentir. Jusque-là, les jambes suivent ! A l’arrivée du premier tour, on récupère un bracelet avant de repartir pour le deuxième ! L’ultra viking se déroulera de la manière suivante:
  1. 19 kilomètres (Parcours Beast)
  2. 19 kilomètres (Parcours Beast)
  3. 13 kilomètres (Parcours Warrior / Super)
  4. 7 kilomètres (Parcours Lightning / Sprint)

ultra viking explication

Je croise Julien en difficulté par terre, attaqué par les crampes, on a de l’avance sur le temps, on souffle puis on repart. Le rythme est lancé, le plaisir est présent, jusqu’au craquage de ma cheville dont le bruit aurait pu réveiller un mort #marseillais #maispastropquandmême ! Je flippe en pensant que c’était mon tendon qui avait lâché. “il est où mon tendon ??!” Réponse de Julien : “derrière ton pied couillon” 😂🤙 On se relève et c’est reparti sur le ton de la rigolade, on ne fait pas semblant nous ! Tu parles, 500 mètres plus loin je parlais au seigneur pour qu’il me fasse avancer. Je lâche prise psychologiquement. Sans m’arrêter de marcher et dans ma tête, la course est finie. Je n’y arriverai jamais. Et il reste 35 bornes !!!

peg board ultra viking

Je me fais doubler par Mika qui me dit de faire attention en essayant au mieux de me rassurer et de m’encourager à poursuivre, « le passage de l’eau ça passe ou ça casse ». Puis j’aperçois Fabien qui vient aux nouvelles me voyant dans le mal et les larmes aux yeux (et oui moi aussi ça m’arrive). Il me donne un élan de courage et reprend sa course. L’horloge tourne et les kilomètres défilent peu. Le chrono est mon pire ennemi, les portés me sont actuellement impossible, je demande donc au marshall de faire la pénalité… (Je n’étais pas fier et ne le suis toujours pas … une pensée à mes copains qui en ont chié …) Je continue en marche puis marche rapide sur presque 15 bornes… Il faut redémarrer sinon c’est mort pour moi !

low righ ultra viking

A l’arrivée du deuxième tour, je récupère un second bracelet puis je repars. Une générosité tellement touchante de la part des volontaires et supporters m’a fait chaud au cœur et m’a rappelé que je n’étais pas seul dans cette aventure. Ma cheville va à peu près mieux. Je redémarre sur un bon rythme, les autres commencent à fatiguer tandis que mes jambes sont comme quasi neuves. J’effectue les descentes sur la réserve pour préserver mon pied et les montées en marche rapide ce qui me fait regagner du terrain. Jusqu’à la fin, mes jambes ne m’ont pas lâché et le run fût un pur plaisir. Malheureusement, pour le dernier tour, ma montre n’avait plus de batterie. Je n’ai pas pu voir mon rythme mais j’en étais vraiment satisfait. Après quasiment 10h de course, quel soulagement d’arriver dans les temps ! Une vraie libération de tout ce stress accumulé durant la course… Une bière pour fêter ça sur la ligne d’arrivée et les retrouvailles avec mes potes. La médaille et le tee-shirt sont très originaux, la première est rotative tandis que l’autre est floqué aux noms de tous les participants 😍!

medal finisher ultra viking

Maintenant on rentre à la maison, mon célibat m’attend 😂 et un prochain objectif dès le week-end prochain à la Spartan Race Castellet sur le circuit Paul Ricard ! Quentin

Ce week-end, nous avons pris la route du lac du Salagou (proche de Montpellier). Nous arrivons au camping du lac vendredi un peu avant minuit. La course n’est que dimanche mais nous nous sommes laissés tenter par l’endroit et avons décidé d’y passer le week-end.

Jérémy et moi même sommes accompagnés de nos co-voitureurs et amis Chris et Benji. Le lendemain nous retrouverons sur place les copains de la team, Vanessa, Johanna, Greg et Idris, (Chacha et Mat nous retrouverons le matin de la course). Le camping se transforme peu à peu en village OCR FRANCE. Nos voisins ne sont autres que Alex Boccon et Sandra Chetaneau. Plus tard à la piscine nous croiserons Nathan Caparros. L’ambiance est excellente et c’est toujours un plaisir de croiser les autres teams pour des moments hors course.

Le samedi soir, on se retrouve tous pour le défi ninja devant le camping, face à cette structure que les bisons nous avaient promis… elle fait 45m ! Mon dieu ! Je n’y participerai pas, rien que de la regarder mes bras tétanisent et je sais que j’aurai besoin de toutes mes forces pour le lendemain. Les bisons sont là et mettent l’ambiance. Ils sont tous souriants et accueillants. C’est un beau spectacle qu’ils nous proposent !

Le dimanche matin, ça y est nous y sommes… j’ai cauchemardé toute la nuit de flying et de cette monstrueuse structure finale. Ce n’est donc pas très sereine que je prends le départ, je suis accompagnée par mes copines Chacha et Vaness, elles ne s’en rendent pas compte mais elles m’aident à me calmer, Lisa Savio se joint a nous. Elle non plus n’est pas rassurée… 3…2…1…. c’est parti ! On fonce, les filles partent en premier sur la lake race. Tout de suite le chemin se rétrécit. Et nous allons enchaîner des obstacles tous les 500m à peu près. Des bottes de paille, des poutres d’équilibre… et voilà, la première structure highrig… même pas 1km de course et beaucoup de femmes vont se retrouver en difficulté. Certaines coupent déjà leur bracelet. Je me concentre et ça passe du premier coup ! YES !! On enchaînera dans le désordre un porté de bûche, un olympus qui fera saigner de nombreuses mains car les découpes étaient un peu trop tranchantes, une slack haute de franchissement qui donnera du fil à retordre à notre Vaness, mais avec sa force mentale rien ne lui résiste bien longtemps. Ensuite des murs, là David Labrosse me double tout sourire. Waa! Ça semble si facile quand on le regarde, puis Mat , puis Jérem, puis Greg ! Je prends le temps de leur hurler des encouragements pour les remercier de leur soutien quand ils me doublent. Plus tard l’hercule hoist et un porté de sac sur une pente extrêmement raide. Et là je ne comprends pas, je me retrouve avec Jérem et Greg de nouveau derrière moi… Je leur hurle ” c’est là, en haut à gauche”. Un manque de balisage leur fera perdre plus de 500m et les fera décrocher des meilleurs. C’est en effet la difficulté du circuit, le balisage léger (obligation pour les bisons à cause du classement du site) rendra l’orientation difficile. On sera donc obligés plusieurs fois de ralentir afin de regarder autour de nous et chercher les balises. La course se poursuit avec des paysages toujours plus beaux et des obstacles de qualité. Je bloque 20min au flying et finalement, ça passe ! Là encore beaucoup de femmes couperont leur bracelet. Le lowrig passe très facilement pour moi. Je les adore ceux-là !

On retourne vers la base après plusieurs passages dans l’eau qui feront du bien et un saut en sac qui lui fera beaucoup moins de bien. Sur le retour j’ai le sourire. J’en ai pris plein la vue dans les hauteurs et j’ai mon bracelet ! Me voilà devant l’obstacle final. Je retrouve ici ma Chacha, bloquée, elle était 4ème en arrivant dessus mais cet obstacle en a décidé autrement. Je retrouve aussi Sandra… toutes ces femmes que j’admire dans l’OCR, elles sont là, bloquées, tout comme moi. On est peu à arriver ici avec le bracelet et seulement 7 femmes finiront la course avec. En effet cette structure fait du tri. Quand on tombe on doit tout recommencer.

J’arrive au 3ème bloc de 6m. Je peux le faire, Idris, Greg, Jerem et Mat m’encouragent, ça me pousse. Mais je fais l’erreur de lâcher le nunchaku pour me suspendre à l’anneau. J’ai plus de balancier et le prochain anneau est tellement loin. Mon corps lâche et je tombe… Nous sommes rejoints par Vaness. Je retente mais tombe. Je finirai plus tard par couper le bracelet ici, à 45m de la fin. Je décide tout de même de tenter la fin de la structure je le vois comme un entraînement. Malgré une grosse crampe au mollet ça passe! Je hurle ! J’ai réussi ! Je passe la ligne d’arrivée sous les encouragements de mes amis, Aroo et pas que.

Bravo à vous tous. Avec ou sans bracelet. Vous pouvez être fiers car la course que nous ont fait les bisons… c’était du très haut niveau ! Ils y ont mis leur cœur et ça se voit ! Merci à vous d’avoir réuni les grandes teams de France pour un moment plus que réussi. A l’an prochain pour la revanche !

Mélanie